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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:26



Le lamrim, terme tibétain employé pour désigner les étapes graduelles de la voie vers l’éveil, reprend les enseignements du Bouddha pour les proposer au pratiquant sous la forme d’un tout cohérent, rationnel, fonctionnel et évolutif.









Atisha,  962-1054


C’est Atisha, saint et érudit indien, qui, invité au Tibet pour aider à restaurer le bouddhisme alors sur le déclin, le premier composa ce type de texte condensant tous les aspects du chemin vers l’éveil. Son texte, La lampe pour la Voie (skt. Bodhipathapradipa) servit de base trois siècles plus tard à l’œuvre majeure de lama Tsong Khapa, le lamrin tchènmo (Grand Exposé des Etapes sur la Voie). Djé Tsong Khapa, à la fois grand érudit et fameux yogi qui écrivit d’autres lamrims plus ou moins longs et concentrés (dont un sur la voie des tantras, le nagrim tchènmo), fut à l’origine de la tradition guéloug à laquelle tous les Dalaï Lamas ont été affiliés.












Djé Tsong Khapa, 1357-1419

Le lamrim s’adresse aux trois sortes de pratiquants, dits de capacités initiale, intermédiaire et supérieure, c’est-à-dire à ceux qui souhaitent préparer de meilleures vies futures, ceux qui veulent se libérer du cycle des existences et enfin ceux qui désirent devenir des bouddhas pleinement éveillés et ainsi œuvrer inlassablement aux bonheurs temporel et ultime de tous les êtres sans la moindre exception.

De manière empirique, le lamrim aide le pratiquant à progresser sur la voie grâce à la lecture et l’écoute de l’enseignement correspondant, à la réflexion qu’il en fait et à la méditation qui lui permet d’intégrer le sujet abordé.

 

Après avoir réfléchi et médité sur les qualités de l’enseignement et les façons de l’aborder, sur l’ami spirituel qui, fondement de la voie, guide le disciple, et sur sa précieuse renaissance humaine si rare et si difficile à obtenir, le pratiquant continue d’avancer en abordant les sujets liés à la capacité initiale :

-     l’impermanence et la mort (sa certitude, son moment incertain et ce qui aide au moment de la mort),

-     les renaissances inférieures et leurs insupportables souffrances : renaître en être infernal, en esprit avide et en animal,

-     le refuge bouddhiste : les qualités du Bouddha, du Dharma (son enseignement) et du Sangha (la communauté de pratiquants), et les instructions à respecter,

-     le karma, c’est-à-dire les actions du corps, de la parole et de l’esprit, et leurs fruits ; autrement dit la loi de causalité.

 
Quand il se sent déterminé à ne pas gâcher un seul instant de sa vie en créant des karmas négatifs qui résulteront un jour ou l’autre en souffrance, le pratiquant du lamrim se tourne alors vers les points abordés avec la capacité intermédiaire, à savoir :

-     les désavantages du cycle des existences,

-     les souffrances des renaissances dites supérieures (humaines, semi divines et divines),

-     l’origine de la souffrance et le mode d’existence des perturbations,

-     les 12 liens de la production dépendante.

 

A cette volonté de s’affranchir de toute souffrance liée aux existences cycliques, le pratiquant devient « supérieur » dès lors qu’il engendre l’esprit d’éveil ; pour ce faire, sur la base d’une parfaite équanimité, il intègre :

-     les six causes et un effet,

-     l’échange de soi avec autrui,

-     la perfection de la générosité (don de l’enseignement, de la protection et de biens matériels)

-     la perfection de l’éthique (éthique des voeux, éthique de l’accumulation d’énergies positives et
éthique accomplissant le bien des êtres),

-     la perfection de la patience (sa nature et l’acceptation de la souffrance),

-     la perfection de l’énergie (sa nature et comment la pratiquer),

-     la perfection de la méditation (la réalisation du calme mental ; samatha en sanskrit, shiné en tibétain),

-     la perfection de la sagesse (la vue profonde ou vision pénétrante qui réalise le non-soi ; vipassana en sanskrit, lhagtong en tibétain),

-     l’entraînement dans les 4 moyens : le don, les bonnes paroles qui révèlent les perfections, les instructions à la pratique et une conduite harmonieuse.

 

Il existe maintenant de très bons livres en français qui détaillent et commentent le lamrim, apportant ainsi au pratiquant une aide précise, documentée et fiable. Il pourra notamment se référer à diverses publications liées à l’école guélouk :

-     Le Grand Livre de la Progression vers l’Eveil (deux tomes) de Djé Tsong Khapa, aux Editions Dharma, reprend en détail, point par point, tous les sujets du lamrim tchènmo. Ce double volume est une aide précieuse pour quiconque souhaite étudier et méditer les étapes de la voie, que ce soit au quotidien ou en retraite.

-     Atteindre l’Eveil de Yangtsé Rinpoché, aux Editions Vajra Yogini. Transcription d’enseignements sur le lamrim donnés à l’Institut Vajra Yogini, cet ouvrage aborde toute la voie avec clarté et simplicité, dans un langage moderne parfaitement adapté à la culture occidentale.

-     La Voie de la Félicité de Sa Sainteté le Dalaï Lama, aux Editions Ramsey (existe en édition Pocket). Véritable guide de développement spirituel, ces enseignements inspirés montrent de façon empirique comment se libérer de la souffrance et de ses causes.

-     L’Energie de la Sagesse des lamas Thoubtèn Yéshé et Zopa Rinpotché, aux Editions Vajra Yogini. Une bonne partie de cet ouvrage retranscrit un cours de méditation sur le lamrim donné par le lama Zopa Rinpoché aux Etats-Unis lors de son premier voyage en Occident, en 1974. C’est un ouvrage de référence qui en est à sa 4e édition.

-     L’Essence la Voie vers l’Eveil, de lama Samten, aux Editions du centre Paramita. Lama Samten adapte le lamrim traditionnel à notre époque actuelle pour inspirer ceux qui découvrent le bouddhisme pour la première fois, ceux qui pratiquent régulièrement et ceux qui montrent un grand intérêt pour le développement de leur spiritualité malgré une religion ou une culture différente.

 

On trouve dans les autres écoles tibétaines du bouddhisme des ouvrages exposant la voie de façon graduée, comme :

-     Le Chemin de la Grande Perfection, de Patrul Rinpotché, aux Editions du Cerf. Ce maître dzogchen de l’école nyingma expose de manière directe, vivante et détaillée les pratiques préliminaires au travers d’enseignements fondamentaux sur le Véhicule de Diamant ( ou Vajrayana), dont il explicite l'essentiel en termes clairs et simples.

-     Le Précieux Ornement de la Libération, de Gampopa, un des pères de l’école kagyu, aux Editions Padmakara. « Un guide pratique et direct pour l’entraînement de l’esprit…, un subtil condensé des paroles du Bouddha et des traités composés par les maîtres éveillés de jadis » - Péma Rinpotché.

-     Lamdré, « la Voie incluant les Fruits » : deux volumes édités par le centre Sakya Ngor Ewam Phende Ling. Il s’agit d’un cycle d’enseignements complet transmis de nos jours par les maîtres de l’école tibétaine sakya. Basé sur les tantras d’Hévajra, le lamdré éclaire les différentes étapes de la pratique vers l’éveil parfait d’un Bouddha.

Philippe Penot

Published by ADN11 - dans Enseignements
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commentaires

julien bres 04/04/2017 21:03

toute petales
E T DE PEUR IL N YEN AURA AUCUNE
AU GRE DE LA LUEUR DU CIEL , la LUMIERE DU CIEL DANSERA COMME LE VENT ET
OUVRIRA TOUT EN GARDANT NOTRE ESPOIR
IL EXISTERA ET ON ENTENDERA QUE béatidude sagesse et compassion

Julien bres 19/09/2016 01:25

Vivons aux jours le jours ......
Comme une petale de fleurs qui. S APPRETENT A S OUVRIR!!!

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